Qui frappe-t-elle ?

Qui est à l’abri de la violence conjugale ? Personne, en fait. Aucune femme, aucun enfant. Il arrive aussi que les hommes en soient victimes, dans les couples hétérosexuels, homosexuels, mais cela n’a pas le caractère épidémique de la violence faite aux femmes.

Il n’y a pas de portrait type d’une femme victime de violence conjugale, pas plus qu’il n’y a d’agresseur type. Tous les hommes, quels que soient leur culture, leur ethnie, leur statut social, leur âge ou leur revenu, peuvent un jour ou l’autre recourir à la violence pour dominer, ou contrôler, leur conjointe. Rien ne distingue, a priori, ceux qui le feront et ceux qui l’éviteront.

De la même façon, rien ne prédestine une femme à devenir victime de violence conjugale. « Être victime est un état d’impuissance qui empêche une réaction libre et spontanée », précise-t-on dans la publication Vivre avec la peur, c’est assez ! On ajoute que : « Le fait d’être victime est lié à des circonstances hors de notre contrôle […] ». C’est donc dire que la victime n’est pas responsable de la violence qu’elle vit. Il est impossible de tracer un profil socio-économique : toutes les femmes, quels que soient leur culture, leur ethnie, leur statut social, leur âge ou leur revenu, peuvent un jour être victimes de violence conjugale.

Ce type de rapports n’est pas le lot d’une classe défavorisée ou de certaines catégories de gens, comme on le croit trop souvent. Il frappe autant chez les riches que chez les pauvres. Il n’est relié en aucune façon à l’alcool, à la drogue, aux coutumes religieuses ou culturelles, etc. On retrouve ces rapports de pouvoir partout dans le monde, partout où des hommes veulent dominer leur conjoint, partout où la société les laisse faire.

C’est clair : aucune femme ni aucune fille ne sont à l’abri de la violence conjugale.

Source : La violence conjugale c’est quoi au juste. Regroupement provincial des maisons d’hébergement pour femmes victimes de violence conjugale et leurs enfants.

Quelques statistiques...

On croit souvent que la violence conjugale a augmenté, ces dernières années. C’est faux. Il y en a toujours eu autant à toutes les époques. Si les statistiques récentes montrent un accroissement des cas, c’est simplement qu’aujourd’hui, on en parle plus ouvertement.

En effet, avant 1970, la violence conjugale était reconnue comme étant un problème relevant de la sphère privée. Ce n’est qu’à partir des années ’70, poussé par les revendications des groupes de femmes, que la violence conjugale a été reconnue comme un problème de société. – CRIVIFF

Parce que les femmes en parlent plus et parce que les intervenants (policiers, juges, travailleurs sociaux, etc.) y sont plus sensibles, on peut aujourd’hui mieux quantifier le problème de la violence conjugale :

Selon le Ministère de la sécurité publique du Québec, les «statistiques officielles de la criminalité déclarée et enregistrée en 2013 par les forces policières indiquent que 18 885 personnes de 12 ans et plus ont été victimes de crimes contre la personne commis dans un contexte conjugal

Sur ce nombre, 14 981 des victimes étaient des femmes (79,3%).

Les femmes ont été victimes de :

  • 13 homicides
  • 31 tentatives de meurtre
  • 503 agressions sexuelles
  • 35 voies de fait graves (niveau 3)
  • 1423 voies de fait armés ou causant des lésions (niveau 2)
  • 8338 voies de fait simple (niveau 1)
  • 11 enlèvements
  • 592 séquestrations
  • 1903 cas d’harcèlement criminel
  • 1907 cas de menaces
  • 129 cas d’appels harcelants
  • 96 cas d’intimidation

«Les auteurs présumés de violence conjugale sont des hommes un peu plus de 8 fois sur 10.»

Cependant, encore aujourd’hui, plusieurs femmes gardent le silence sur les violences dont elles sont victimes. Elles vivent dans le secret et dans la honte. Il est donc difficile d’évaluer le nombre exact des victimes et les conséquences pour elles et leurs enfants.